Un témoignage pas comme les autres

Il était environ 5h30 le surlendemain, lorsque ces 4 professionnels de santé qui entouraient Fanny se sont mis à l’encourager de toute leur force.

POUSSEZ MADAME !! POUSSEZ  !!

Un dernier souffle d’espoir et de lumière laissant croire qu’il n’y avait plus que cette manière pour arriver au terme de ce long processus. Un élan volontaire et humaniste pour voir pointer le petit bout de nez de cette nouvelle petite fille.

ENCORE UN PETIT EFFORT !

En une fraction de seconde, les sondes, posées sur le gros ventre, qui laissaient percevoir le cœur du bébé se sont mises à retentir de façon alarmante. Que voulait dire ce signal ? C’était très différent de ce qu’on avait l’habitude d’entendre, à se demander si tout se passait correctement. Car, jusqu’à présent, ce bip qui transmettait les battements du cœur faisait toujours le même bruit.

Toutes les étapes préparatoires étant déjà révolues, il n’y avait plus aucun retour en arrière possible : il fallait qu’elle sorte. Il fallait faire vite, très vite.

ALLEZ !!! ALLEZ !!! MAINTENANT !

UNE DERNIÈRE FOIS !! POUSSEZ !!

Cela faisait plus de 24h que nous écoutions ce bip qui nous donnait de bons signes de vie, quelque chose d’inquiétant venait s’ajouter à ce marathon de la vie. La tête était en train de franchir le col. La fréquence du petit cœur commençait à ralentir drastiquement, laissant paraître ce risque de ne plus l’entendre du tout.

Quoi ! Tous ces efforts pour rien ? Qu’est-ce donc que ce dénouement si intense qui nous donne tant d’émotions ? Cette situation aurait été impossible à vivre. C’est une pensée particulière envers toutes les personnes qui ont déjà vécu ce genre de situation délicate.

Chez nous, l’issue fût belle et heureuse, si bien que quelques secondes plus tard, nous entendîmes ses premiers cris. La rencontre pouvait enfin avoir lieu.

Le sens du vivant

Il y a des transmissions qui nécessitent un certain temps pour émerger ; certaines demandent des étapes. Comme un apprentissage dont l’évolution dépend d’une connaissance complémentaire, l’une par rapport à l’autre et vice versa. Sans leur bon déroulement, elles peuvent devenir invisibles, inaccessibles. Et, pour arriver à ce que tout s’aligne correctement, il y a des synchronisations qui restent tout simplement impossibles à faire émerger autrement que par la prise en charge des sens et des sensations. L’expertise de l’équipe qui vous entoure est alors primordiale pour réussir à s’accorder sur ce qu’il faut faire.

C’est sûr que travailler avec le vivant, c’est autre chose que le résultat d’un logiciel. Comme cette date du terme, qui était annoncée six jours avant la naissance. Autant de précision, presque huit mois auparavant… Comme si la vie pouvait rentrer dans la case d’un formulaire. Lorsqu’il s’agit d’être prêt, ça ne dépend pas forcément de vos critères…

Et lorsque ça arrive, que vous constatez une erreur de ce genre, ça ne choque personne. Pourtant, annoncer une livraison avec plus ou moins de retard, ça ne viendrait à l’idée de personne. D’autant plus que ça rajoute un stress inutile. Autant s’en passer !

C’est donc aussi notre tolérance à l’imprévu qui s’adapte à certaines situations. Et selon l’enjeu, elles peuvent être plus ou moins grande. Cette relativité dépend de chaque situation. Certaines n’ont pas forcément besoin de faire l’objet d’étude scientifique. Et heureusement !

Anticiper tu dois

Après deux aller-retour à la maternité où l’on nous disait de revenir plus tard, nous commencions à être rôdé : une petite virée à la mer, une à la campagne, une autre à la montagne. Nous cherchions les routes à bosses pour faire émerger des contractions. C’est là que le vrai travail commence.

Vingt-quatre heures avant cette arrivée tant attendue, les contractions devenaient de plus en plus intenses. La sage-femme nous a dit de venir. Il était à peu près 23h ce mercredi 13 mai 2026 lorsque nous avons débarqué à la maternité.

Lors du premier diagnostic, la dilatation était arrivée à 3 cm environ. Normalement, à ce terme, de très nombreuses dames auraient déjà crié de douleur. C’est ce que nous ont dit certaines sage-femme après l’accouchement.

Fanny, elle, elle ne bronche pas. Son calme et l’acceptation dont elle a fait preuve durant toute cette épreuve reste digne d’un grand-maître Jedi.

Respect. Surtout sans péridurale ! Je me rappelle à chaque fois qu’on nous le demandait :

Alors, c’est quoi votre projet de naissance ?

Personne ne savait vraiment comment y répondre. Surtout quand tu ne sais pas trop a quoi t’attendre. Ce que je retiens avant tout, c’est ta très belle formulation :

Le plus naturellement possible.

L’incroyable scène de vie

C’est ainsi que le lendemain, vers 17h, tu t’es retrouvée à longer le couloir à pied pour rejoindre la salle d’accouchement. Juste avant d’avoir perdu les eaux. Mais attention, pas n’importe comment : au-dessus des toilettes, classe ! Plop. Pas plus de trois gouttes à côté !

C’est une salle dite « nature », elle s’appelle Bambou. Elle possède des choses en plus comme cette grande baignoire (même si tu ne tenais pas debout dedans, tu aurais préféré, j’imagine que ça aurait été bien plus confortable), elle possède aussi des tissus pour se suspendre.

Heureusement qu’on pouvait arranger la luminosité comme nous le souhaitions. Et quand tu gères ta propre ambiance, c’est un point important d’avoir la main sur certains réglages. Ce n’est pas vraiment la première chose à laquelle tu penses, en particulier quand t’es censé être pris en charge. Et lorsque tu passes plus de 12 heures dans ce qui ressemble à un bloc d’opération, c’est quand même sympa de pouvoir ajuster un peu l’ambiance et de pouvoir gérer son environnement. Surtout pour mettre au monde un petit être humain, tu cherches avant tout un peu d’intimité. Là où tu mets ta dignité un peu de côté, tu n’as pas besoin d’une lumière de spectacle. Alors les 800 Lux sur le plan de travail, on s’en passe bien…

D’ailleurs, il devait être à peu près 1h du matin, j’ai levé les yeux et on ne reconnaissait plus vraiment la pièce d’origine. Il y avait des coussins et des ballons partout, on aurait cru à une séance de spiritisme…

Posséder un savoir

Certaines décisions de la vie demandent à être prises en connaissance de cause, évidement. Mais aussi en pleine possession de nos moyen. Comme ce choix que nous avons mené à deux, de front. Si l’engagement dépend de vos propres découvertes, il est évident qu’évoquer vos difficultés, vos doutes et vos liens avec votre partenaire est ce qui vous rassemble. Nous devons désormais l’assumer. Mais quel bonheur cette évolution !

Ce qui reste très impressionnant, c’est cette préparation que nous pouvons avoir. Pourtant nous ne pouvoir prévoir avec exactitude ce qui va se dérouler quand ou comment. A l’image des 8 séances d’anticipation à la naissance que nous avons suivi avec attention quelques mois plus tôt. La sage femme nous à préparé à de nombreuses éventualités. Comme cette possibilité d’intervention d’urgence avec différents degrés de gravité.

Nous avons expérimenté des positions pour soulager certaines douleurs. Nous avons fait de l’hypnose, nous avons appris à porter, tu as fait des séances de piscine. Nous avons beaucoup échangé sur post partum. Et surtout, nous avons lu, beaucoup lu.

Sauf que vous pouvez lire tout ce que vous voulez, il y aura toujours un moment où ce que vous vivez sera différent de ce que vous êtes imaginé. Le cheminement peux vous paraître familier, mais vous vivez cela dans une temporalité différente.

C’était le cas avec cette date de terme qui nous à fait faux bon. Mais elle nous laisse cependant quelques souvenir puisque nous avons pus nous balader quelques jours. Désormais, depuis ce 15 mai, c’est une nouvelle aventure, à trois.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut