La réglementation thermique des bâtiments neufs

Des exigences réglementaires pour la construction

L’application pour tous les bâtiments neufs est la Réglementation Thermique RT 2012. Des cas particuliers peuvent survenir suivant les configurations.

Dans tous les cas, une brève analyse sommaire de l’opération déterminera la configuration de l’étude.

Ce calcul réglementaire est défini par l’arrêté du 26 Octobre 2010. Il définit notamment les exigences de moyens et de résultats en fonction de la configuration du bâtiment. Pour respecter la réglementation, le projet devra être évalué vis à vis des exigences maximums (Bbiomax, Cepmax, Ticréf).

Une réglementation pourquoi faire ?

Une étude thermique réglementaire ne sert qu’a respecter des exigences réglementaires. C’est comme ça point barre !

Tout ça dans un but d’améliorer la performance ? Favoriser la transition énergétique ?

Les exigences réglementaires sont des seuils limites, un peu comme le fait une limitation de vitesse sur l’autoroute. Vous pouvez très bien avoir un utilitaire ou un tout petit véhicule, dans ce cas vous comprenez bien que la vitesse n’est pas un critère de performance. Avec les bâtiments, c’est la même chose.

Je fais le constat que cette situation ne marche pas dans notre monde, ce n’est pas du tout pertinent, ni ludique, ni informatif. Certains promoteurs mettent en avant le fait que leur bâtiment soient labellisé RT2012 ou certifié BEPOS. Comme pour le conducteur, ce n’est pas parce qu’on à un permis de conduire que nous roulons de façon écologique.

L’attestation réglementaire est de ce format, et l’étude thermique s’apparente à un contrôle technique.

Détaillons ensemble les trois exigences de la RT2012.

Une boite noire de calcul

Le moteur de calcul du CSTB est au cœur du calcul RT. Dans toute analyse scientifique, nous avons des données d’entrée, et finalement des résultats en sortie.

 

Moteur de calcul CSTB

Il est donc important de comprendre que nous n’avons pas la main sur certains paramètres. Certaines variables sont ainsi définies par défaut sans que nous puissions y toucher.

De plus, impossible de savoir comment fonctionne cette boite mystérieuse. Déjà, vous pouvez comprendre qu’il y a une perte de donnée.

Ce mécanisme est contraignant, certes, il est difficile de comprendre comment expliquer un résultat sans connaître le fonctionnement d’une opération.

Tout cela dans un but de comparer les bâtiments entre eux. Il n’y a pas d’autre choix pour les autorités que de procéder ainsi :

  • Nous contraindre à ne pas bidouiller les études thermiques, les procédés sont bridés.
  • Rendre quelque chose d’égalitaire pour tous les acteurs de la construction.

Bon, admettons.

Le Besoin Bioclimatique : Bbio

Le calcul du coefficient Bbio sur un bâtiment détermine l’efficacité bioclimatique du projet. Il a pour objectif d’être inférieur à l’exigence maximum pour être accepté notamment pour le dépôt d’un permis de construire. Le Bbiomax pourra évoluer suivant plusieurs paramètres, comme :

  • L’usage des locaux
  • La surface : on parle de Surface habitable (Sh) ou utile (Su) et de Surface de Référence (SRT)
  • Le nombre de logements (dans le cadre de logements collectifs)
  • Rafraîchissement des locaux
  • ….

Le Bbio du projet est déterminé en fonction des besoins de chauffage, d’éventuels besoins de refroidissement ainsi que l’estimation d’une consommation future d’éclairage artificiel suivant la formule suivante :

Bbio = 2 x Bch + 2 x Bfr + 5 x Becl

Pour les besoins de chauffage, à ce niveau du calcul, le système de ventilation est imposé en tenant compte d’une ventilation double flux avec efficacité d’échangeur à 50%. Le débit Bbio est issus de la réglementation en vigueur (selon l’occupation, le type de bâtiment, ou éventuellement un ratio de renouvellement d’air).

Au niveau de l’éclairage, le besoin est déterminé forfaitairement en fonction de l’usage du bâtiment.

La performance dépendra des configurations du projet aussi bien :

  • Dans sa conception : son orientation, la forme générale, le dimensionnement des ouvertures, l’accès à l’éclairage des locaux
  • Des caractéristiques physiques : isolation, inertie, transmission énergétique des baies
  • De la performance d’étanchéité à l’air du projet

Le Bbio représente donc un besoin en énergie sans prendre en compte de générateur ou d’éventuelles pertes de réseaux.

OK ?

Non, le Bbio n’a pas d’unité, si nous changeons la donnée d’entrée principale du bâtiment, l’usage par exemple. Nous nous retrouvons avec un nouveau résultat. Le bâtiment n’a pas bougé pour autant.

Mais alors, comment est-ce qu’avec ce raisonnement scientifique, il serait possible de comparer des choses ? Sans unité, cela paraît absurde. Pourtant, personne ne se plaint de cette démarche. Finalement, c’est comme si vous achetez quelque chose et le commerçant vous en demande 33. Quoi ?

La consommation conventionnelle : CEP

Le calcul du coefficient CEP du projet doit être inférieur à l’exigence maximum pour être réglementaire. Il représente la valeur de consommation en énergie primaire exprimé en kWh/m².an. L’exigence CEPmax est modulée suivant les hypothèses du projet ci-dessous :

  • De l’usage du projet et de la surface
  • De la zone géographique et de l’altitude
  • De la production de gaz a effet de serre
  • De la catégorie du bâtiment au niveau du rafraîchissement

Le CEP quand à lui représente donc une consommation énergétique conventionnée suivant des paramètres réglementaires. il tient compte notamment :

  • Des scénarios conventionnels d’usage
  • Des systèmes techniques (générations de chauffage/refroidissement, ECS, éclairage et auxiliaires
  • Des données météorologiques

Il se détaille en cinq usages de consommation portant sur l’éclairage, la consommation de chauffage, de refroidissement, d’eau chaude sanitaire et d’auxiliaire de fonctionnement (pompes et ventilations).

L’état n’a pas d’autre choix pour comparer les bâtiments entre eux de résonner en énergie primaire. Cela a pour effet de favoriser les consommations et d’entretenir un modèle économique capitaliste. Si nous souhaitons aller vers plus de performance énergétique, il faut penser autrement.

La température de confort : TIC

La température intérieure de confort (TIC), est déterminée sur une période de quatre semaines consécutives en débutant un lundi 4 Juin.

On distingue selon l’usage :

  • En usage d’habitation, la température la plus haute obtenue le dimanche (de la 4ème semaine).
  • Dans les autres usages, C’est la valeur maximale obtenue le vendredi (la 4ème semaine, en période d’occupation).

Dans tous les cas, si cette température est inférieure à 26°C, la valeur de TIC du projet retenu est de 26°C.

Cette température ne doit pas dépasser la température de référence (TICréf) obtenue le jour le plus chaud. La journée chaude de référence a été établie en considérant qu’il s’agit de la journée la plus froide parmi les cinq plus chaudes de l’année pour un site donné.

La température intérieure conventionnelle dépend :

  • de l’environnement extérieur (zone climatique)
  • de la performance de l’enveloppe
  • des données d’usage

Le but de se paramètre est de limiter les problèmes liés à la surchauffe des bâtiments. C’est le comble du raisonnement absurde, si vous avez déjà titillé un peu ce résultat et ses paramètres, il est possible de ne pas être conforme pour des bêtises. Vous pouvez par exemple changer une couleur de châssis de fenêtre basculer dans le rouge.

Nous notons pourtant dans la réalité du terrain, une augmentation des plaintes liés à des cas de surchauffe.

Cependant, si vous faites un peu de calcul dynamique, vous comprenez qu’il n’est pas possible d’instaurer une norme ou une limite sur cette exigence. Seule la pédagogie l’analyse rigoureuse des phénomènes énergétique, la logique et la maîtrise des ordres de grandeur permet d’éviter d’avoir trop chaud.

Lorsque vous avez trop chaud, vous n’hésitez pas à vous dévêtir. Vous n’avez pas besoin de calcul savant pour cela. C’est du même ordre d’idée.

Mais que faire ?

En conclusion, nous n’avons pas le choix de respecter ces exigences. Il s’agit de la loi.

La réglementation thermique actuelle n’est rien d’autre que le reflet de notre société de consommation. Pour aller au-delà vers plus de performance, il est tout à fait possible de composer avec elle.

Finalement, respecter des exigences réglementaires ne fait pas d’un bâtiment une performance absolue. Et ce n’est pas une loi permettant de concevoir des ambiances confortables.

La réglementation thermique des bâtiments neufs

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